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LA SOLUTION FINALE DE LA QUESTION JUIVE
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La "Solution finale" était le nom de code nazi pour la destruction délibérée, programmée, des Juifs d'Europe SOMMAIRE CHRONOLOGIE DE LA DÉPORTATION, La mise en place du génocide juif DE L' ANTISÉMITISME A L' ÉTAT GÉNOCIDAIRE NAZI. LES RESPONSABLES DE LA SOLUTION FINAL ELA SOLUTION FINALE DE LA QUESTION JUIVE NOMBRE DE VICTIMES DE LA SHOAH LES GHETTOS SOUS LE TROISIEME REICH L' EXTERMINATION DES JUIFS : LA SHOAH PAR BALLES LES PRINCIPAUX CAMPS DE CONCENTRATION ET CAMPS D' EXTERMINATION LE CAMP D'EXTERMINATION D'AUSCHWITZ-BIRKENAU LA SÉLECTION A AUSCHWITZ-BIRKENAU LES COMMANDOS DES FOURS CRÉMATOIRE RÉVOLTE JUIVE DANS LES GHETTOS DANS LES CAMPS LE SOULÈVEMENT DU GHETTO DE VARSOVIE TÉMOIGNAGES DE VICTIMES AUTOUR D'AUSCHWITZ ET DE LA SHOAH LE LIVRE NOIR : TEXTES ET TÉMOIGNAGES TÉMOIGNAGES NAZIS SUR LES MASSACRES DES POPULATIONS JUIVES YAD VASHEM : LIEU DU SOUVENIR DES MARTYRS ET DES HÉROS DE LA SHOAH DÉFINITIONS ET ÉTUDE DU GÉNOCIDE COMMENTAIRES SUR LE PHÉNOMÈNE GÉNOCIDAIRE LE système d'alerte avancée pour les génocides PSYCHOLOGIE ET PSYCHOSOCIOLOGIE DU GÉNOCIDE RESSOURCES AUDIOVISUELLES SUR LA SHOAH : FILMS, DOCUMENTAIRES, CONFERENCES LA PHILOSOPHIE, LA THÉOLOGIE FACE A LA SHOAH BIBLIOGRAPHIE, HISTORIOGRAPHIE DE LA SHOAH (Création du site, le 25/4/2011) Gérard Méchoulam. Fondateur et directeur éditorialiste. Tous droits réservés.
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MISE EN PLACE DE LA SOLUTION DÉFINITIVE DE LA QUESTION JUIVE
Trois hommes conçurent le projet de génocide, Hitler, Himmler et Heydrich. Ces deux derniers tenaient secret le plan d'extermination contrairement à Hitler qui, notamment dans un discours prononcé en juin 1939 et reproduit dans la presse allemande, ne masquait pas ses intentions funestes et formulait ouvertement des menaces de génocide. "J'ai souvent été prophète dans ma vie et, la plupart du temps, on s'est moqué de moi. A l'époque où je luttais pour conquérir le pouvoir, ce furent les Juifs qui tournèrent en dérision les paroles par lesquelles j'annonçais que je prendrais un jour la direction de l'État et par conséquent de la nation toute entière et que je résoudrais entre autres, la Question juive. Je crois que, depuis, le ricanement d'hyène qu'ont fait entendre alors les Juifs d'Allemagne s'est étranglé dans leur gorge. Aujourd'hui, je serai prophète une fois de plus. Si la juiverie internationale à l'intérieur et à l'extérieur de l'Europe réussissait de nouveau à plonger les nations dans une guerre mondiale, il s'ensuivrait non pas la bolchevisation de la terre et, partant, la victoire de la juiverie mais l'anéantissement (vernichtung) de la race juive dans toute l'Europe". Himmler et Heydrich L'idée du génocide se concrétisa incontestablement avec la pénétration des forces nazies à l'Est où la plus importante concentration de Juifs européens se trouvait sur la route des armées allemandes."Les première persécutions de Juifs commencèrent en même temps que furent prises des mesures économiques et sociales ayant pour but de les déposséder et de les exiler ou encore de les transférer dans des ghettos installés sur des territoires polonais nouvellement conquis. Ces expulsions furent assurées avec une telle brutalité et une telle incompétence que de nombreuses victimes moururent au cours de l'opération qui eut lieu pendant le rigoureux hiver de 1939-1940. Mais il ne s'agissait pas encore d'un génocide organisé. Néanmoins, en Pologne, l'action fut menée avec une férocité implacable. En Allemagne, les juifs n'avaient jamais représenté qu'un centième de la population. En Pologne, la proportion s'élevait à 10% soit 3 300 000 dont 1 300 000 se trouvaient en zone d'occupation russe et 2 millions sur les territoires conquis. Ces derniers furent expulsés de la partie Est de la Pologne incorporée au Reich pour être installés dans les ghettos situés dans la zone centrale, connue sous le nom de Gouvernement général. Ils y vécurent dans des conditions effroyables en attendant que le programme d'extermination soit au point. Selon Raul Hilberg, plus d'un million de Juifs polonais périrent dans les ghettos et dans les camps de travail avant que l'anéantissement systématique de leurs coreligionnaires ait été entrepris dans les centres d'extermination. Meurtres perpétrés par les Einsatzgruppen dans la région de Kiev en 1942 Mais auparavant les Groupes d'Action spéciaux de Himmler, les Einsatzgruppen, organisés en Russie par Heydrich , furent créés pour mettre à exécution le plan d'extermination massive. Ils furent responsables du massacre de plus d'un million de Juifs et de Slaves. Ce génocide fut perpétré ouvertement, au vu et au su des officiers et des soldats servant dans l'armée allemande. Le plan, qui prévoyait la destruction complète des 10 millions de juifs d'Europe dans les meilleurs délais, commença à être exécuté en 1941. Il existe naturellement peu de documents relatifs à ce projet. De même, aucun ordre écrit portant la signature de Hitler ou authentifié par son entourage immédiat n'apporte la preuve que le Fürher ait réellement décidé d'adopter la "solution définitive". En d'autres termes, aucun décret concernant l'anéantissement des Juifs n'a été retrouvé. Mais, bien que la décision de Hitler n'ait été sans doute pas été couchée sur le papier, il est possible de suivre ses conséquences d'après les directives à demi voilées émanant de Goering de Himmler ou de leurs agents, entre mars et juillet 1941. C'est le 31 juillet que Goering choisissant ses termes avec le plus grand soin, adressa à Heydrich la célèbres directive qui fut produite lors du Procès de Nuremberg, en Novembre 1946. Goering "Pour compléter la tâche qui vous a été assignée le 24 janvier 1939, concernant le règlement de la question juive par l'évacuation et l'émigration, selon les moyens qui correspondent le mieux à la situation actuelle, je vous enjoins par la présente d'entreprendre tous les préparatifs d'ordre matériel, économique et financier concernant une "solution définitive" (Gesamt-losung) du problème juif dans ceux des territoires européens qui se trouvent sous l'influence de l'Allemagne... "Je vous charge en outre de me soumettre dès que possible un résumé indiquant les mesures déjà prises en vue de l'exécution de la "solution finale" (Endlösung) de la question juive, telle qu'elle a été envisagée." LA CONFÉRENCE DE WANNSEE La villa Marlier, parfois appelée villa de Wannsee, est une propriété située dans le quartier berlinois de Wannsee, en Allemagne La date précise de la décision de mettre en œuvre la "Solution finale" par les Nazis n'est pas connue. Certains historiens pensent qu'il y avait eu plusieurs décisions, notamment au cours du printemps, été et automne 1941. Le génocide des Juifs fut le point culminant d'une décennie de politique nazie, impulsée par Adolf Hitler. Une étape importante fut franchie le 20 janvier 1942, date à laquelle fut évoquée l'organisation de la mise en application de la "solution finale" sur l'ensemble de l'Europe. Cette réunion fut organisée par Adolf Eichmann, sur les instructions de Reinhard Heydrich, l'adjoint d'Heinrich Himmler et le directeur de l'Office central de sécurité du Reich. Outre Heydrich, quatorze hauts fonctionnaires du Parti nazi et de l'administration allemande se réunissaient dans une villa réquisitionnée par l'Office central de sécurité du Reich, dans la banlieue de Berlin, au bord du lac de Wannsee. C'étaient des représentants des ministères de l'Intérieur, de la Justice, des Affaires étrangères, des territoires occupés et de la Chancellerie du Reich. Du côté S.S., Müller et Eichmann représentaient les Services de la Sécurité, et les colonels S.S. Schoengarth et Lange ceux de la Police. Adolf Eichmann est nommé à la tête de la section d'Affaires juives de la Gestapo (IVB4). Il sera plus tard responsable de la mise en place de la Solution Finale. Les procès-verbaux officiels de la Conférence de Wannsee ont été conservés. Ils portent naturellement le cachet "ultra secret". Le compte rendu de la réunion fut rédigé en trente exemplaires. L'un d'entre eux sera retrouvé après la guerre au ministère des Affaires étrangères. La conférence de Wannsee reste le symbole du caractère bureaucratique de la Shoah. En ouvrant la séance, Heydrich déclara que Goering lui avait donné pleins pouvoirs pour préparer la "solution définitive" de la question juive dans les territoires européens et que la Conférence avait pour but de "résoudre les problèmes fondamentaux de la "solution définitive". Les procès-verbaux sont rédigés dans un style officiel qui cache la signification réelle de la terminologie et des mots employés. Eichmann déclara plus tard que la Conférence n'avait pas duré longtemps et que des ordonnances étaient venues servir du cognac pour célébrer cet événement au cours duquel, après avoir exposé leurs points de vue divergents, tous les représentants des différents départements s'étaient si facilement mis d'accord. La signification véritable de cette réunion, connue sous le nom de Conférence de Wannsee, reste débattue par les historiens. S'agissait-il de coordonner et de discuter de la mise en œuvre de la Solution finale entre les grandes administrations allemandes, ou d' "officialiser" une décision qui avait été prise précédemment ? En effet, cette réunion n'était pas la première de ce type, une semblable l'avait précédée et une autre sera organisée quelques mois plus tard. La seule certitude, c'était que Reinhard Heydrich tint cette réunion pour mettre au courant les membres clés des rouages ministériels allemands, dont les ministres des Affaires étrangères et de la Justice. En effet, leur coopération était vitale pour la mise en oeuvre des mesures d'extermination.
Les Alliés et la Solution finaleDes hommes courageux ont bravé toutes les difficultés pour tenter de prévenir les Alliés. Ainsi le résistant chrétien Kurt Gerstein, entré dans la SS pour la combattre de l'intérieur, qui tente d'alerter le monde dès l'été 1942 sur les gazages qu'il a vu en personne à Belzec, et qui se suicide en 1945. Ainsi Jan Karski, délégué à Londres par la résistance polonaise. Depuis la Suisse, le télégramme Riegner du 8 août 1942 informe Londres et Washington de la Solution finale en cours. De façon générale, ces informations n'ont pas ou peu été crues, et n'ont suscité aucune réaction particulière des gouvernements et des opinions des pays alliés. Même des organisations juives ont refusé de croire les chiffres et les descriptions qui leur étaient faites de la machine de mort nazie. Samuel Zygelbojm, représentant du Bund auprès du gouvernement polonais en exil à Londres, se donne la mort le 11 mai 1943 : « Par ma mort, je voudrais, pour la dernière fois, protester contre la passivité d’un monde qui assiste à l’extermination du peuple juif et l’admet ». L'incrédulité pouvait s'expliquer par le souvenir des excès de la propagande et du « bourrage de crâne » sous la Grande Guerre. Au-delà, elle a été encouragée par l'absence de précédent comparable et par le caractère inouï et impensable du crime. Les informations sur l'extermination des Juifs ont aussi circulé dès 1941 et surtout 1942 à la BBC, dans la presse anglo-saxonne et jusque dans une partie de la presse clandestine des pays occupés. Mais elles se mêlaient sans traitement spécifique à d'autres récits d'atrocités et à l'évocation d'autres enjeux et problèmes. Les Alliés n'ont pas non plus toujours conscience de la spécificité du sort qui frappait le peuple juif. Ils n'ont dès lors pas voulu donner l'impression qu'ils privilégiaient une catégorie de victime par rapport à une autre. Winston Churchill, dont les services pouvaient déchiffrer les messages codés allemands grâce au système Enigma, savait dès l'été 1941 que les Einsatzgruppen massacraient systématiquement les Juifs soviétiques, mais dans ses discours publics, il dénonça ces horreurs sans jamais mentionner le caractère juif des victimes. Les Anglo-Saxons, sans parler des Soviétiques, n'ont pas non plus voulu donner l'impression qu'ils faisaient la guerre pour les Juifs, de peur notamment des réactions antisémites d'une partie de leur population. En URSS, l'antisémitisme traditionnel et le regain de nationalisme voire de chauvinisme suscité par la lutte contre l'Allemagne ne laissait guère de place à l'évocation spécifique du sort des Juifs. Aux États-Unis, une poussée d'antisémitisme dans l'opinion (certains taxaient le New Deal de Roosevelt de Jew Deal). Mais de manière plus générale, c'est aussi que l'attention des populations, attachés à survivre ou à gagner la guerre, n'était pas disposée à faire une priorité du sort d'une minorité (1 % de la population de France, 10 % de celle de Pologne). « Sauf dans l’esprit d’une poignée de dirigeants nazis, les Juifs n'[ont] pas été l’enjeu de la Seconde Guerre mondiale. » En décembre 1942 la quasi-totalité des gouvernements alliés font une déclaration commune solennelle contre le massacre des Juifs en Europe, et préviennent les responsables qu'ils seront poursuivis. Moins explicitement, le pape Pie XII dénonce dans son message radio de Noël la mort des innocents qui ont été voués à la mort en raison de leur seule race. Mais en 1943-1944, ces déclarations sont beaucoup plus rares ou inexistantes, alors que l'extermination continue à battre son plein. D'abord absorbés par la poursuite d'objectifs militaires, les Alliés semblent avoir pensé que la fin rapide de la guerre était la meilleure manière d'arrêter la persécution, sans saisir que le rythme industriel du massacre risquait de ne laisser que peu de Juifs encore en vie à la victoire. En 1944, au plus fort de la déportation des Juifs de Hongrie, Churchill se montre favorable à un bombardement sur les rails et les chambres à gaz d'Auschwitz, mais veut consulter d'abord les Américains : le projet est facilement bloqué à un niveau gouvernemental inférieur, sans même parvenir à Roosevelt. Que le bombardement d'Auschwitz ait pu ou non changer quoi que ce soit au sort des victimes, le fait est que son enjeu moral intrinsèque n'a guère été perçu, ni le silence des Alliés rompu. Dans l'ensemble, la passivité et l'indifférence ont prévalu, sans conscience de la gravité exceptionnelle du crime en cours. Du 19 au 30 avril 1943, ainsi, la conférence qui se tient aux Bermudes sur l’aide possible aux Juifs d’Europe a lieu loin de tout et de tous, sans qu'aucune organisation juive ne soit représentée, ni les conférenciers, aucun pouvoir de décision mais juste de recommandation. Elle s'en tient à des paroles. Le département d' État américain, dirigé par Cordell Hull, se montre d'une passivité particulièrement accablante, alors que les rapports officiels et officieux lui parviennent depuis 1942. Le ministre Henry Morgenthau, lui-même d'origine juive, n'ose pas intervenir longtemps en faveur des Juifs d'Europe, de peur d’être taxé de partialité. Mais c'est son rapport explosif de janvier 1944 contre l'inaction du département d'État qui fait tardivement réagir Roosevelt : le 22 janvier 1944, le président américain fonde le War Refugee Board (Bureau des réfugiés de guerre), dirigé par John Pehle. En 18 mois, le WRB sauvera des dizaines de milliers de personnes. Son envoyé en Roumanie, Ira Hirschmann, réussit à faire libérer les 48 000 Juifs survivants de Transnistrie et à les faire partir en Turquie. Iver Olsen depuis la Suède fait sauver de nombreux survivants des pays Baltes et dépêche à Budapest Raoul Wallenberg. Il reste permis de se demander combien d'autres personnes auraient pu être sauvées si la prise de conscience et la volonté d'agir avaient été plus précoce. Source : Site sur la Shoah Sites à compulser rubrique "Sites Shoah"
Le document présent
est un exemplaire du procès-verbal rédigé par Adolf Eichmann et
adressé au sous-secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, Luther,
qui avait participé à la planification de la solution finale de la
question juive sous l'angle diplomatique depuis 1941, faisant le
compte-rendu de la conférence de Wannsee, qui s'est déroulée le 20
janvier 1942.
PROTOCOLE DE LA CONFÉRENCE DE WANNSEE
20.1.1942
Classé secret du Reich
30 exemplaires
Exemplaire no. 16
I
Le 20 janvier
1942 à Berlin, Am Großen Wannsee no. 56-58, a eu lieu une conférence
sur la solution finale de la question juive, à laquelle ont pris
part :
II
Le chef de la police de sécurité et du SD, I'Obergruppenführer SS
Heydrich, fit part en ouverture de la mission qui lui était confiée
par le Maréchal du Reich en vue de la préparation de la solution
finale de la question juive en Europe, et indiqua que L'objectif de
cette réunion était de clarifier les questions de fond. Le souhait
du Maréchal du Reich de se voir présenter un projet d'organisation,
de déroulement et de conditions matérielles dans la perspective de
la solution finale de la question juive en Europe, exigeait au
préalable une harmonisation de toutes les instances centrales
directement concernées par ces questions, dans la perspective d'une
conduite parallèle de I'orientation des actions.
III
Désormais, à la place de
l'émigration, la prochaine solution à envisager, avec l'aval
préalable du Führer, est l'évacuation des Juifs vers l'est. Total : plus de 11 000
000
IV
Au cours de la mise en œuvre
des projets pour la solution finale, les lois de Nuremberg doivent
en quelque sorte en former le fondement, mais la condition d'une
liquidation du problème sans laisser de trace passe également par la
résolution des questions relatives aux mariages mixtes et aux
Mischling. 1. 1. 2.
1. 2.
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